LA RELIGION ET LES CROYANCES DE LA GRECE ANTIQUE
Sur une tablette d'envoûtement trouvée à Athènes, on peut lire cette invocation magique destinée à jeter un mauvais sort à toute une famille :
I - DIEUX ET DÉESSES Les Grecs ont créé une multitude de dieux et leur imagination fertile a inventé de nombreuses légendes mythologiques dont ils sont les héros. Car ceux-ci ont forme humaine et malgré leurs pouvoirs, ils partagent toutes les émotions des mortels auxquels ils aiment se mêler. 1°) Des dieux par dizaines Chaque région, chaque cité de la Grèce a ses dieux protecteurs particuliers et il est souvent difficile d'harmoniser les traditions très diverses concernant le monde divin. D’après le poète Hésiode, dans la Théogonie, du Chaos originel est née Gaia, la Terre, qui a enfanté Ouranos, le Ciel étoilé.
Autour de Zeus, maître du ciel et souverain suprême, se regroupent ses frères, ses sœurs et certains de ses enfants, douze dieux en tout qui président aux grands domaines des activités humaines.
On retrouve donc dans ces 12 dieux et déesses :
Apollon aux attributions multiples et sa sœur Artémis la Chasseresse, Dionysos, dieu de la vigne et du vin, Hermès protecteur du commerce, Hadès, le grand dieu des Enfers, Héra, la divinité grecque du Mariage, symbole de la grandeur et de la souveraineté maternelles, Hestia, la déesse du foyer, Arès, le dieu de la guerre et enfin Héphaïstos, le dieu forgeron. Des unions de ces dieux avec des nymphes ou des mortelles, naissent la plupart des autres dieux honorés en Grèce. Les poètes grecs ont essayé d'opérer un classement dans ces familles divines, mais le foisonnement de divinités locales, d'éléments naturels divinisés, de démons mystérieux interdit toute véritable harmonisation entre la multitude des traditions. En fait chaque fleuve, chaque source, chaque montagne cache un être divin qu'il faut se rendre favorable.
HÉSIODE : poète grec (Ascra, Béotie, milieu du VIIIe s. av. J.-C.). Tenu par les Grecs pour l'égal d'Homère et le père de la poésie didactique, il donna avec les Travaux et les Jours un précieux document sur les techniques agricoles et les croyances populaires de l'époque archaïque. On lui a attribué aussi la Théogonie et le Bouclier d'Héraclès.
La Théogonie : ou Généalogie des dieux, poème mythologique d'Hésiode en 1 022 hexamètres (VIIIe siècle av. J.-C.). Le poème fait le récit de la création du monde, depuis le chaos initial, décrivant, à travers les règnes successifs des dieux Ouranos, Cronos et Zeus, le passage d'un univers fondé sur la violence à un monde de justice et d'harmonie.
Le Ciel, Ouranos, en se penchant sur elle, donna la vie aux Titans, aux Cyclopes et à divers monstres marins. Gaia poussa son fils Cronos à mutiler Ouranos.
(en grec ancien Ἐκατόγχειρες / Hekatógkheires, « qui a cent mains », de ἐκατόν / hekatón, « cent » et de χείρ / kheír, « main ») ou Centimanes (en latin Centimanūs, « qui a cent mains », de centēnus, « cent » et de manŭs, « main ») sont les trois fils d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre). Ils se nomment Cottos, Gyès (ou Gygès) et Briarée (ou Égéon). Ils ont chacun cent bras et cinquante têtes qui crachent du feu, et sont les frères des Titans et des Cyclopes. Ils sont usuellement représentés comme des divinités marines).
Le sang de la blessure, fécondant à nouveau la Terre, donna naissance aux Érinyes, aux Géants et aux Nymphes des Frênes.
Même si les mythes lui prêtent toutes les faiblesses humaines, notamment dans ses innombrables aventures avec les mortelles, il est vénéré comme la divinité éminente qui se penche avec bienveillance et équité sur la condition des hommes. Son attribut est le foudre (représentation de la foudre de Zeus ou de Jupiter sous la forme d'un faisceau de traits en zigzag). Il a pour épouses Métis, Thémis, Déméter, Mnémosyne, Aphrodite, Latone et enfin Héra, sa sœur. Ses sanctuaires les plus célèbres sont, en Grèce, Dodone et Olympie. Les Romains l'assimilèrent à Jupiter.
DÉMÉTER : déesse grecque de la terre cultivée (à la différence de Gaia, divinité de la Terre conçue comme entité cosmogonique), fille de Cronos et de Rhéa. Ses attributs sont l’épi, le narcisse, le pavot. On l’a identifiée avec la Cérès romaine. Sa fille Perséphone (Coré) ayant été enlevée par Hadès, Déméter éplorée parcourt le monde à sa recherche jusqu'à ce que Zeus ordonne au dieu des Enfers de restituer la fille à sa mère pendant six mois par an. Le sanctuaire principal de son culte était à Éleusis.
2°) Un univers fourmillant de mythes
Aucune mythologie n'est plus riche que celle imaginée par les Grecs pour entraîner leurs dieux dans toutes sortes d'aventures, héroïques ou amoureuses. Protagonistes de grands cycles épiques, ils se mêlent aux combats des hommes. Leurs amours donnent naissance à de nombreux mythes, car dieux ou déesses sont très attirés par les mortels. Zeus lui-même n'hésite pas à prendre de multiples formes pour approcher les femmes qui lui plaisent, devenant tour à tour taureau, cygne ou pluie d'or pour séduire :
De ces unions naissent des « héros », à la fois divins et humains, dont les exploits sont à leur tour à l'origine de légendes multiples. Le plus populaire d'entre eux est Héraclès - que les Romains appelleront Hercule - qui détruit les monstres et les êtres malfaisants menaçant les humains au cours des célèbres Douze Travaux.
Les mythes permettent aussi aux Grecs d'établir des généalogies complexes et de faire descendre des dieux les familles royales de l'époque historique. Les récits de métamorphoses permettent enfin de reconnaître dans chaque fleur et chaque animal, un homme ou une femme transformés à la suite d'une mésaventure.
3°) De l'Olympe aux Enfers A l'époque classique, les Grecs se représentent
leurs dieux sous une forme humaine, avec quelques éléments
distinctifs, comme la barbe de Zeus et de Poséidon ou les longues
boucles brillantes d'Apollon. Ils sont toujours jeunes et toujours beaux.
En effet, les dieux boivent du nectar, le breuvage divin à base
de miel, et se nourrissent d'ambroisie, une nourriture qui est leur apanage,
tous deux leur conférant l'immortalité. La plupart des dieux
résident dans l'Olympe, la plus haute montagne du continent grec
dont le sommet est généralement caché par les nuages.
Leur principale activité dans ce domaine inaccessible aux humains
est de se réunir dans de grands banquets au cours desquels ils
aiment plaisanter et sont secoués de rires bruyants. Car les dieux
éprouvent toutes les émotions humaines, l'amour ou la haine,
la colère ou la compassion. Ils sont tour à tour belliqueux
ou sentimentaux. L’apparition des hommes
(Dieu du feu, Héphaïstos, laid et boiteux, est un habile ouvrier, qui, aidé par les Cyclopes, fabrique dans ses forges de l'Etna, armes, outils et mobiliers pour les dieux. Amphore, VIe siècle av. J.-C.) (Vraisemblablement d'origine étrangère,
célébrée par les marins orientaux, Aphrodite la déesse
de la beauté et de l'amour, née de l'écume de la
mer, est particulièrement honorée à Cnide et à
Cythère. Aphrodite assise sur un cygne, terre cuite vers 450 av.
J.-C.) II - LES PRATIQUES Dans un univers où tout est considéré comme divin, les Grecs accordent une grande importance aux pratiques témoignant de leur vénération à l’égard des Immortels. Pour eux, la piété ne consiste pas en un élan spirituel, mais en une stricte observance des rituels. 1°) Le culte familial Tout est religieux en Grèce et aucun domaine de la vie publique ou privée n’échappe au sacré. Que ce soit chez lui ou dans la cité, chaque Grec a le devoir de se rendre les dieux favorables. Le premier lieu de culte est la famille et toutes les personnes d'une maison doivent participer aux cérémonies dédiées aux divinités protectrices. Ces rituels se transmettent par héritage de génération en génération. Le prêtre de ce culte familial est le père de famille qui doit veiller au respect des rites et accomplir les prières et les sacrifices imposés. Ce culte est exclusivement réservé aux membres de la maisonnée, et tous ceux qui n'en font pas partie en sont bannis. Pour cette raison, l'entrée d'un nouveau membre dans la famille, par naissance, par mariage ou par adoption, doit toujours donner lieu à une cérémonie d'admission.
2°) Les représentants du sacré Dans chaque cité, des prêtres sont les garants du respect des rites. Ces prêtres ne constituent pas une caste sacerdotale et leur fonction n'est pas liée à une vocation particulière. S'apparentant à des magistrats spécialisés, ils n'ont pas besoin de posséder des connaissances spécifiques. La présence d'un prêtre n'est d'ailleurs pas nécessaire lors d'une cérémonie : les magistrats ou les généraux peuvent accomplir sans eux les sacrifices. Un prêtre est toujours affecté au service d'une divinité précise. Il veille à l'entretien du temple de celle-ci, administre son trésor et accomplit les cérémonies traditionnelles. Selon les cités, les prêtres sont choisis de diverses manières : certains sont tirés au sort ou élus ; d'autres achètent leur charge. Quelques familles anciennes ont le monopole de certains sacerdoces. C'est ainsi que le principal prêtre d'Éleusis ne peut être pris que dans la famille des Eumolpides. En règle générale, un prêtre ne reste en fonction que pour une année. La cité lui verse une modeste rétribution et il reçoit une partie des viandes des sacrifices. (Scène d'initiation aux mystères d’Éleusis. Les mystères étaient un ensemble de rites tenus secrets et réserves à des initiés. D'origine créto-égéenne, ceux d'Éleusis étaient les plus célèbres de l'Antiquité et honoraient le culte de Déméter, déesse du blé et de sa fille, Coré (ou Perséphone). Terre cuite, IVe siècle av. J.-C.) 3°) Des cultes dissidents En marge des cultes officiels de la cité, il existe aussi des mouvements religieux qui font davantage appel au mysticisme des fidèles. Les plus renommés sont les pythagoriciens, les orphiques et les dionysiaques. Fondé au VIe siècle avant notre ère par le philosophe Pythagore , le pythagorisme se présente comme un ordre religieux placé sous l'autorité d'un maître. Leur communauté vit selon des règles strictes et les futurs pythagoriciens doivent se plier à un noviciat de plusieurs années pendant lequel ils écouteraient sans intervenir les leçons de la secte.
La vocation des « orphiques » est de retrouver l'unité avec les dieux en dégageant leur âme des impuretés du corps. Se coupant volontairement de la vie de la cité, ils refusent toute nourriture carnée et interdisent de mettre à mort des animaux. Ils recherchent la pureté absolue en pratiquant le jeûne et en ne consommant que des céréales et du miel.
Condamné pour impiété
Sa condamnation à mort est votée par 80 voix de plus que celles qui avaient voté sa culpabilité. Courageusement, il refuse de fuir et boit au jour dit le breuvage à base de ciguë tachetée, une plante très toxique, qu'on lui présente. À sa femme Xanthippe qui se lamente de voir son mari mourir injustement, il répond « Préférerais-tu que je meure justement ? »
(Déméter fait l'objet d'un culte important car elle est à la fois déesse de la terre nourricière et de la fécondité des femmes. Les Thesmophories, en octobre, donnent lieu à de grandes fêtes en son honneur où l'on sacrifie en particulier des chèvres. Scène de sacrifice, vers 350 av. J.-C.)
III - LES LIEUX DE CULTE Désireuses d'offrir aux dieux des demeures dignes de leur majesté, dans lesquelles ils aimeront résider au milieu des hommes, les cités grecques rivalisent d'effort pour bâtir de magnifiques sanctuaires où trônent de colossales représentations. 1°) Les espaces sacrés
Tout espace peut revêtir un caractère sacré à partir du moment où un dieu s’y est manifesté ou lorsqu'un héros y est mort. Une surface réservée à la divinité, le temenos, est d'abord délimitée sur le sol puis fermée par une clôture. On n'édifie pas obligatoirement un temple dans ce lieu protégé, mais on y élève toujours un autel, destiné aux sacrifices. Celui-ci peut être un simple monticule de terre, mais la plupart du temps, il se présente comme une construction en pierre, de forme ronde ou carrée, dont les façades latérales sont ornées de guirlandes ou de personnages sculptés. Les autels les plus simples peuvent être édifiés avec des cornes de chèvres comme le keratôn à Délos . C'est dans ces espaces sacrés que se déroulent les fêtes et on peut y voir les ex-voto et les plaques votives offertes par les fidèles au dieu. Sur certaines aires sacrées, comme l'Acropole d'Athènes ou l'Altis d'Olympie, on trouve plusieurs temples dédiés à des divinités différentes.
il est interdit de naître ou de mourir ! Avant de pénétrer dans l'espace sacré, le fidèle doit se purifier en accomplissant des ablutions dans des vasques d'eau. Par ailleurs, un sanctuaire possède le droit d'asylie, c'est-à-dire que les suppliants venus se réfugier près de l'autel bénéficient de l'immunité judiciaire. Dans chaque maison, après s'être purifié en se versant de l'eau (souvent de mer) sur les mains, le chef de famille verse sur l'autel des libations de vin, de miel, de lait ou d'huile suivant le dieu que l'on veut prier, puis ou fait brûler des parfums. (Vers 470 av. J.-C.) 2°) Les grands temples Le temple ne constitue pas un élément indispensable à la religion grecque. En effet, ce n'est pas un lieu de culte et il ne sert qu'à abriter la statue de la divinité et son trésor. La population ne pénètre jamais dans les temples qui d'ailleurs sont fermés. Beaucoup ne sont ouverts qu'une fois dans l'année, à l'occasion d'une fête. Il existe des temples de différentes tailles, mais certains, par leur ampleur et leur luxe, comme ceux d'Apollon à Delphes et à Délos, de Zeus à Olympie ou d'Athéna à Athènes, sont célèbres dans toute la Grèce.
Le temple de Zeus Olympien
Mesurant 64 m de long sur 27 m de large, le temple est entouré d'un péristyle formé de 13 colonnes de chaque côté et six à chaque extrémité. On y accède par une rampe encadrée d'escaliers.
3°) Les statues des dieux
La représentation de la divinité est très importante pour les Grecs. Les plus anciennes statues, les xoana, sont en bois mal dégrossi. À partir du VIIe siècle avant notre ère, on prend l'habitude de sculpter les grandes figures divines en pierre ou en marbre. Pour honorer les dieux, on sculpte des statues qui magnifient leur beauté ou affirment leur puissance. Afin d'être bien identifiés, ils sont toujours dotés d'accessoires spécifiques :
De grands sculpteurs sont chargés de ce travail comme Phidias , auteur au Ve siècle avant notre ère des deux statues les plus célèbres de l'Antiquité.
La première, qui s'élève à l'intérieur du Parthénon, représente la déesse Athéna, en arme et portant sur la main droite une Victoire en or. Elle fait plus de 12 m de haut ! La seconde est un immense Zeus, dont les pieds, le torse et le ventre sont d'ivoire tandis que son himation , qui descend d'une épaule et recouvre les jambes, est constellé de pierres précieuses tout comme sa barbe et ses cheveux. Il est assis sur un trône fait d'ébène et de bronze. Cette œuvre sculptée pour Olympie est alors considérée comme l'une des Sept Merveilles du monde. PHIDIAS : sculpteur grec (v. 490-431 av. J.-C.), fils de l'Athénien Charmidès. Dès avant 470, en compagnie de Myron et de Polyclète, il aurait travaillé sous la direction d'Hêgias.
Le temple de Poséidon, à Paestum, colonie grecque d'Italie du Sud, est l'un des plus beaux témoignages du style dorique. Rectangulaire, ce temple est construit sur des lignes géométriques pures, qui se coupent selon des angles soigneusement calculés. (Vers 450 av. J.-C.) IV - LES CÉRÉMONIES Innombrables sont pour les Grecs les occasions de manifester leur respect à l’égard de leurs dieux. Chaque cité possède ses rites originaux qui vont des grands sacrifices aux manifestations collectives. 1°) Le sacrifice Offrir aux dieux une partie de ce que l’on possède est un élément fondamental de la religion grecque. Chaque fête, chaque manifestation religieuse doit s'accompagner d'un sacrifice. On rend ainsi hommage à la divinité à l'intérieur de la famille ou dans la cité. Les motivations de ce rituel sont multiples : il peut être offert pour expier une faute, pour demander une faveur, pour honorer un dieu...
Ce choix ne se fait pas au hasard. En effet, à chaque dieu est réservée une espèce animale définie, mâle ou femelle, jeune ou adulte, d'une couleur déterminée. C'est ainsi que les victimes blanches sont réservées aux dieux du ciel et les noires aux dieux infernaux. On amène la bête vers l'autel couronnée de guirlandes et de bandelettes ; elle a parfois les cornes peintes en doré... Autour de l'autel, se trouvent les différents intervenants : une femme porte de l’eau lustrale , une autre un panier à trois cornes contenant des grains d'orge - sous lesquels est dissimulé le couteau destiné à immoler l'animal -, le sacrificateur et ses assistants, enfin ceux au nom desquels on va accomplir la cérémonie. À proximité de l'autel, il y a une table pour découper les chairs de la victime, un chaudron dans lequel on fera bouillir la viande, et des brochettes qui serviront à griller les entrailles de la bête.
Un sacrificateur vêtu de blanc égorge alors la victime : si le sacrifice est accompli pour un dieu du ciel, la gorge de l'animal sera dirigée vers le haut et s'il est offert à une divinité infernale, vers le bas. Puis on découpe la victime en morceaux. Certains sont brûlés sur l'autel pour que leur fumée odorante parvienne jusqu'aux dieux. Le prêtre prélève la part qui lui est réservée, tandis que les viscères grillés et le reste de l'animal bouilli sont partagés entre les assistants. Lors de cérémonies particulièrement solennelles, on offre une hécatombe , c'est-à-dire un sacrifice de cent bœufs ! On sacrifie aussi aux dieux des fruits, des légumes ou des boissons, comme ici en hommage à Apollon. (Cratère, vers 430 av. J.-C.)
2°) Les processions
Pour manifester sa joie, chacun a revêtu ses habits de fête et porte une couronne sur la tête. La pompé traverse la ville dont les rues sont décorées de guirlandes de fleurs et, tout au long du trajet, de l'encens brûle sur de petits autels.
Le sixième jour de la fête, la procession part du quartier du Céramique et se dirige vers l’Acropole pour apporter à la déesse le voile tissé et brodé par les jeunes Athéniennes. La frise des Panathénées ornant le Parthénon permet de reconnaître les différentes composantes de la cité participant à la procession :
(Une femme, portant la corbeille avec les instruments sacrificiels, se rend à l'autel. Suivent un garçon conduisant le mouton, deux musiciens, deux femmes avec des rameaux et des bandelettes, et le père de famille. Scène de sacrifice, vers 540 av. J.-C.) 3°) Libations et offrandes
Si les libations ont un caractère éphémère, les offrandes en revanche sont faites pour durer. Ce sont des dons offerts aux divinités, qui peuvent prendre toutes sortes de formes : pour marquer son passage à l'âge d'homme, un éphèbe offrira sa chevelure tandis qu'une jeune femme déposera ses jouets d'enfant à la veille de son mariage... On y remet aussi des objets personnels et des outils de travail, des statuettes de terre cuite ou des textes gravés sur une plaque.
(Sur ce vase funéraire, est représentée l'urne des visites an tombeau du défunt que les femmes effectuent régulièrement. Elles viennent faire des libations ou déposer leurs offrandes, couronnes de fleurs, coffrets, corbeilles... pour assurer le bien-être du mort dans l'au-delà. Lécythe blanc, vers 440 av. J.-C.) 4°) Le sanctuaire de Delphes
Les Grecs considèrent comme essentiel de connaître l'avenir et ils ont à leur disposition de nombreuses techniques qui leur permettent de décrypter les signes donnés par les dieux. Ils privilégient la divination par les oracles , les songes ou l'« enthousiasme » prophétique.
Delphes est un kaléidoscope étourdissant de couleurs, de sons et d'odeurs. Toute la bourgade est vouée au « tourisme religieux », avec ses hôtelleries pour les voyageurs et ses artisans travaillant dans les ruelles, graveurs de stèles et sculpteurs de statuettes, forgerons fabriquant les couteaux de sacrifice, marchands d'objets de piété que les pèlerins emporteront en souvenir. Dans une cohue indescriptible, les pèlerins se bousculent sur la Voie sacrée, assourdis par les cris des marchands ambulants qui proposent boissons et nourriture, bousculés par les animaux conduits au sacrifice, ivres du parfum de l'encens et des guirlandes de fleurs. Dans l'enceinte sacrée, tandis que l'odeur des chairs grillées des victimes emplit l'air, les ex-voto en bronze, en argent ou même en or étincellent sous le soleil. (La purification tient une grande place dans la religion. Le plus souvent, elle se limite a se laver les mains avant les libations mais pour des cérémonies plus importantes, on doit se laver les cheveux ou d'antres parties du corps. IVe siècle av. J.-C.)
5°) Consulter la Pythie
Tous doivent acquitter une taxe de montant variable : pour les cités qui viennent consulter, elle est onze fois plus importante que pour les particuliers. Après avoir fait leurs ablutions dans la source Castalie, les pèlerins se rassemblent autour des prêtres d'Apollon qui doivent vérifier si le dieu désire être interrogé : pour cela, on asperge une chèvre d'eau froide. Si l'animal tressaille, c'est qu'Apollon est là. Sinon, il est nécessaire d'attendre un jour plus favorable. Dans tous les cas, la chèvre est ensuite sacrifiée. Puis les prêtres et la Pythie accompagnent les pèlerins vers le temple et une crypte située en contrebas, le manteion. L'ordre de passage des pèlerins a été tiré au sort, mais certains d'entre eux disposent de « cartes de priorité » pour services rendus au sanctuaire. Cela les autorise à être les premiers à interroger la Pythie. Les femmes, qui n'ont pas l'autorisation de pénétrer dans le manteion, se font représenter par des intermédiaires.
À la suite de cette cérémonie, les consultants gagnent le « Bureau des oracles », dans lequel les prêtres rédigent en vers le texte de la réponse divine. Un procès-verbal est conservé dans les archives du sanctuaire et une copie en est remise au pèlerin.
Avant de se lancer dans la guerre contre les Perses, il avait envoyé des ambassadeurs consulter la Pythie qui répondit : « Si Crésus déclare la guerre, un grand empire sera détruit ! » Confiant dans ses forces militaires, Crésus se persuada qu'il serait donc le vainqueur. Mais c'est sa capitale qui est prise et pillée, son royaume qui est détruit. Les oracles de la Pythie ne sont toutefois pas toujours bien acceptés ; on la soupçonne de partialité. Ainsi, pendant les guerres médiques , on lui reproche de « médiser », c'est-à-dire de rendre des oracles favorables aux Mèdes . Puis lors des conflits du Péloponnèse , de « laconiser », c'est-à-dire de prendre le parti des Lacédémoniens . Pour se rassurer, les Grecs consultent alors d'autres oracles, à Lébadia ou à Dodone, par exemple. La prière V - LES FÊTES CULTUELLES Rituels d’origine agraire célébrés par des citadins, grandes manifestations populaires où se rassemblent des dévots venus de toute la Grèce, célébrations mystiques réservées à des initiés, autant de fêtes de nature religieuse qui rendent hommage aux dieux. 1°) Le calendrier liturgique Chaque cité possède son propre calendrier déterminé par les fêtes que ses habitants doivent respecter. Les Athéniens disposent de trois calendriers différents ; mais un seul, placé sous le contrôle d'un archonte , établit officiellement les dates des célébrations religieuses. Ce magistrat supérieur peut seul, pendant l'année, ajouter ou supprimer des jours dans un mois, ce qui permet en cas de nécessité de reculer ou d'avancer le jour de la fête sans en modifier la date officielle. À Athènes, tous les mois, sept journées sont réservées à des cérémonies en l'honneur de chacune des grandes divinités. Les trois derniers jours du mois sont plus particulièrement consacrés aux morts et aux divinités infernales. Mais il y a aussi des fêtes annuelles réparties au fil des douze mois de l'année. Ceux-ci tirent d'ailleurs généralement leur nom de la célébration la plus importante du mois. Par exemple le mois d'anthestérion, qui correspond à février, a pour fête principale les Anthestéries. Enfin, il y a de grandes fêtes quadriennales. Au total, le calendrier athénien compte plus de 120 jours de fête chaque année, pendant lesquels on ne travaille pas... 2°) Fêtes privées et fêtes publiques Les fêtes en l'honneur des dieux doivent toujours
comporter un sacrifice et une procession. Dans les familles, le mariage
et la naissance d'un enfant donnent lieu à des cérémonies
religieuses qui se terminent par un grand festin. Pendant les Apaturies
en octobre, on présente les enfants nés dans l'année
dans les phratries . Les habitants des dèmes honorent par des cérémonies
collectives leurs héros protecteurs. À ces occasions réservées
à des groupes particuliers, s'ajoutent toutes les grandes fêtes,
propres à chaque cité, ou communes à plusieurs cités,
ou célébrées par tous les Grecs. Le calendrier athénien
prouve que beaucoup de ces manifestations trouvent leurs racines dans
des rites agraires archaïques. Au mois de février, les Anthestéries,
dédiées à Dionysos, célèbrent la complète
fermentation du vin pressé à l'automne précédent.
Les épreuves de l’initiation d’après Plutarque « C'est d'abord une marche au hasard avec de pénibles circuits au sein de l'obscurité à travers de redoutables passages, sur une route interminable. Avant d'arriver au bout, la frayeur est à son comble : on frissonne, on tremble d'épouvante, une sueur froide vous glace. Mais ensuite une lumière merveilleuse éclate à vos regards. On est transporté dans des lieux de délices, d'où s'échappent des voix et des harmonies sacrées, où l'on entend des paroles saintes, où l'on voit des chœurs de danses et de divines apparitions. » 3°) Les mystères
Les mystères sont des célébrations cultuelles comportant une révélation accessible aux seuls initiés. Ces derniers, grâce aux cultes à mystères qui existent dans tout le monde antique, peuvent s'assurer le salut éternel après leur mort terrestre et doivent garder un secret absolu sur les épreuves qu'ils ont subies.
Au printemps, les futurs initiés ou « mystes » participent aux Petits Mystères au cours desquels ils reçoivent un début d'initiation. Au mois de septembre, les Grands Mystères se déroulent pendant dix ou douze jours à Athènes et à Éleusis. Une première procession transporte d'Éleusis à Athènes les hiera, objets sacrés des déesses cachés dans des corbeilles. Puis, le lendemain, les « mystes » marchent vers la mer, sacrifient un porc et se purifient en se plongeant dans l'eau. Le sixième jour, une immense procession, couvrant les 20 km séparant Athènes d'Éleusis, ramène les hiera dans le sanctuaire éleusinien. C'est une grande fête pour tous les habitants de l'Attique et des cités grecques qui, la tête coiffée d'une couronne, suivent le cortège des prêtres et des « mystes ». Tout au long du trajet, on peut voir des spectacles de danse et de chant. Une fois que les hiera ont réintégré le temple d'Éleusis, commencent alors trois jours d'initiation réservés aux seuls « mystes ». Ils subissent de nombreuses épreuves avant d'avoir la révélation du bonheur éternel. (Dionysos est l'un des dieux en l'honneur duquel ou organise de nombreuses fêtes. Cette scène est inspirée des célébrations populaires des Dionysies rustiques, où l'on transporte un grand phallus décoré de lierre. (VIe siècle av. J.-C.)
Parallèlement aux croyances et aux rites de la religion officielle, il existe en Grèce des pratiques fort populaires tenant de la superstition et de la vénération pour les forces obscures de l'univers. Les textes magiques sur papyrus et les tablettes d'envoûtement témoignent du pouvoir de ces magiciens. 1°) Écarter le mauvais œil L’univers des Grecs est régi par de multiples superstitions, interdictions ou obligations. Certains jours du mois sont considérés comme néfastes et il faut éviter d'y accomplir des actes importants, comme faire des semailles ou se marier. Il faut se garder aussi de certains gestes, porteurs de malheur car ils offensent les dieux : ainsi, il ne faut pas traverser un fleuve sans avoir fait une prière, se couper les ongles pendant un sacrifice, asseoir un petit enfant sur une tombe... Mais, même s'il se garde de mécontenter les dieux en veillant à ne pas transgresser ces interdits, le Grec redoute d'être la victime d'un jeteur de sorts. Aussi a-t-il soin de conjurer le mauvais sort et de le chasser en projetant les doigts en avant ou en crachant autour de lui. Il porte des amulettes, bagues, médaillon, bracelets, qui doivent le protéger des jeteurs de sorts. Certaines pierres magiques sont gravées d'images de divinités favorables ou d'inscriptions protectrices : « Bonne chance ! », « Longue vie ! », « Dehors ! mauvais sort ». D'autres portent une amulette représentant le « mauvais œil », la pupille transpercée d'un couteau. Le célèbre Périclès lui-même, sur le point de mourir, dévoile à un ami celle que les femmes de sa maison lui ont passée autour du cou. (Sur ce vase, on peut voir vraisemblablement l'examen du foie d'une victime avant une bataille. L'homme au centre, un hoplite, brandit un morceau du foie que lui tend un garçon. Mais la consultation ne semble pas prendre une heureuse tournure : la femme (à gauche) et l'archer (à droite) en costume scythe lèvent les mains dans un geste de consternation.) Les abus de la superstition selon Platon « Des quêteurs charlatans, des devins se présentent aux portes des riches, les persuadent qu'ils sont les détenteurs d'un pouvoir donné par les dieux. Si on a un ennemi à qui on veuille nuire économiquement, ils se font fort de pouvoir lui causer du préjudice en suscitant contre cet ennemi les esprits malfaisants et en le ligotant par des sortilèges. » Comment connaître l’avenir ?
Tout était signe : catastrophes naturelles, éclipses, phénomènes célestes, handicaps à la naissance. L'interprétation était faite par de simples particuliers mais surtout par les devins. 2°) Magiciens et sorciers Tout un petit peuple de « spécialistes » profite, plus ou moins honnêtement, des craintes superstitieuses de la population. Des sorciers, vagabonds et bruyants, impressionnent les âmes simples par leurs drogues mystérieuses ou leurs incantations spectaculaires. Les Grecs connaissent aussi la magie venue de Perse, science se rattachant à la divination, à la médecine et à l'astrologie. De nombreux professionnels de la sorcellerie se réclament du patronage prestigieux des mages perses pour justifier leurs pratiques destinées à soumettre les « démons » à leur volonté. Les femmes de Thessalie , qui prétendent détenir les secrets de la mythique magicienne Médée , jouissent d'une très grande notoriété dans tout le monde antique. Sorciers et magiciennes se vantent de pouvoir modifier l'ordre de la nature, comme d'arrêter la course du soleil ou de faire descendre la lune sur la terre. En fait, les consultants viennent plutôt les trouver pour des raisons plus prosaïques : prédire l'avenir, écarter le mauvais œil, obtenir la guérison d'une grave maladie, éliminer un rival en politique ou en affaires, remporter la victoire dans un procès… mais aussi ramener un amant volage ou rendre fou d'amour un bel indifférent. (Ces quatre osselets en os portent des inscriptions gravées, tel Eopth (signe de bon augure). Ils servent aux devins pour connaître l'avenir de leur client, en les tirant au sort dans un récipient.) 3°) Les ingrédients de la cérémonie magique Ceux qui viennent consulter une sorcière appartiennent
généralement aux classes les plus basses de la société,
mais parfois des hommes ou des femmes de milieux aisés n'hésitent
pas à recourir aux charmes d'amour et de mort dont les magiciens
ont le secret. La cérémonie magique emprunte beaucoup au
domaine religieux : incantations et offrandes aux « démons
», êtres intermédiaires entre les hommes et les dieux,
purification par l'eau et le feu.
Par de nombreux artifices de rédaction, on renforce la force contraignante du texte de la tablette : invocations à des divinités étrangères, texte écrit de droite à gauche, écriture mystérieuse mélangeant des alphabets variés et des signes cabalistiques, formules magiques composées de suites de lettres apparemment sans signification, dessins effrayants d'animaux ou d'êtres démoniaques. Des listes de rituels et de formules circulent, dans lesquels les magiciens transmettent leur savoir. VII - LES RITUELS DE LA MORT La mort est à la fois une séparation avec un être cher et une souillure pour les vivants qu’il faut éliminer en rendant au défunt des honneurs funèbres à composantes religieuses. Ainsi les rituels accompagnant les funérailles sont-ils particulièrement codifiés. 1°) Les funérailles Il est indispensable pour les Grecs de rendre à un mort les devoirs qui sont destinés à lui permettre de passer dans le monde de l’au-delà. Le pire châtiment qu'on puisse infliger à un criminel est de le priver de sépulture.
Les femmes de la maison lavent le corps, l'oignent d'huile
parfumée et le revêtent d'habits blancs. On couche ensuite
le cadavre sur un lit de parade placé dans le vestibule de la maison
et visible de la rue. Tout autour on dispose des offrandes. Cette exposition
du mort dure pendant une journée au cours de laquelle parents et
amis viennent saluer le corps. À la porte de la maison, un vase
d'eau leur permet de se purifier les mains en sortant. Tout autour du
lit de parade, les femmes se lamentent bruyamment et s'arrachent les cheveux
couverts de cendres en signe de deuil. Le lendemain de l'exposition, on
transporte le corps vers son lieu d'ensevelissement, sur une litière
portée par des hommes ou sur un char tiré par des chevaux
ou des mulets. Le cortège est précédé par
une femme portant un vase d'eau pour les libations et accompagné
de joueurs de flûte. Cette opération doit avoir lieu avant
le lever du soleil pour ne pas souiller l'astre par le spectacle d'un
cadavre. Seuls les membres de la famille, hommes et parentes proches,
ont le droit de figurer dans ce cortège. Le corps est généralement
inhumé, plus rarement incinéré, et il est placé
dans son tombeau entouré d'offrandes et d'objets familiers : on
dispose près des petits enfants leurs jouets, près des femmes
leurs bijoux. 2°) Tombes et monuments Les tombeaux se trouvent toujours à l'extérieur des cités, alignés le long des routes. À Athènes, le cimetière le plus important est situé dans la partie extérieure aux murailles du quartier du Céramique. La tombe est recouverte d'un tumulus de terre sur lequel on dépose soit un grand vase, soit une stèle. Sur cette pierre tombale, un bas-relief représente la personne enterrée dans son intérieur, en compagnie d'un membre de sa famille, d'un esclave ou d'un animal familier. Une épitaphe en vers rappelle l'identité du défunt. Certaines familles riches construisent pour leurs morts des monuments plus importants en forme de petites chapelles. Les législateurs veillent à ce que les pratiques funéraires ne témoignent pas d'un luxe ostentatoire et fixent le prix des différents objets nécessaires aux funérailles. Des amendes frappent ceux qui dépassent le montant des dépenses funéraires fixé par la cité. Il existe aussi dans les cités un tombeau public où sont solennellement enterrés les soldats morts pour la patrie. Modestes ou somptueux, les tombeaux reçoivent les visites des familles qui viennent honorer par des offrandes et des libations les défunts à l'occasion des anniversaires de leur naissance et de leur décès. Hormis les pleureuses à gages, seules les parentes du mort (jusqu'au degré de cousinage) ont le droit de sortir et de suivre le cortège. (IVe siècle avant J.-C.) 3°) Tartare et Champs Élysées Les Grecs se représentent les morts comme des
ombres impalpables qui mènent une existence triste dans le royaume
des morts, les Enfers ou « lieux sous la terre ». C'est un
monde obscur et humide où règnent le dieu Hadès et
son épouse Perséphone. Deux étapes marquent le passage
du défunt du monde des vivants à celui des morts : il doit
d'abord se faire admettre dans le royaume d'Hadès puis subir le
jugement qui décidera de son sort pour l'éternité.
Pour pénétrer dans ce monde souterrain, le défunt
doit traverser deux fleuves, le Styx à l'eau empoisonnée
et l'Achéron, figuré par un grand marais vaseux encombré
de roseaux. Un terrible chien à trois têtes, Cerbère,
tente de lui interdire le passage. Puis, pour atteindre l'autre rive de
l'Achéron, le mort doit emprunter la barque conduite par un vieillard
repoussant, Charon, qui réclame pour ce service une pièce
de monnaie. Ceux qui ne peuvent « payer leur obole » sont
repoussés. Un héritier respectueux des rites (Isée ) « Moi, son fils adoptif, j'ai soigné Ménéclès de son vivant avec l'aide de ma femme. J’ai donné son nom à mon petit garçon afin que son nom de famille ne disparaisse pas. A sa mort, je lui ai fait des obsèques dignes de lui et de moi. Je lui ai élevé un beau monument. J’ai célébré la cérémonie commémorative au troisième et au neuvième jour et les autres cérémonies funèbres, le tout de mon mieux, au point de mériter l'éloge unanime des gens de mon dème. » (Derrière la pleureuse qui ouvre le cortège, avance le char, tiré par un cheval. Le mort, dont on distingue le visage, est étendu sur la caisse à claire-voie. Puis viennent les hommes de sa famille.)
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