LES CONQUÊTES Des révoltes secouent ensuite ces régions, et si les Romains conservent la Pannonie[5], ils doivent renoncer à la conquête de la Bohême et perdent définitivement la Germanie. C'est avec vigilance qu'Auguste administre l'Orient même si, la conquête de l'Égypte mise à part, il conserve pour l'essentiel le système des princes clients. Auguste est aidé par deux militaires et administrateurs, Agrippa[6] et Tibère[7], et, jusqu'en 23 av. J.-C., par un chevalier bon diplomate : Mécène[8]. Celui-ci rallie à sa propagande Horace[9] et Virgile[10]. Les premiers successeurs d'Auguste sont Tibère (14-37), Caligula (37-41) et Claude (41-54). Tibère fonde définitivement le principat, ruinant l'espoir d'Auguste du retour à la république. Cependant, sur la fin de sa vie, il se montre tyrannique et impitoyable. CALIGULA C'est pourquoi l'accession au pouvoir de Caius, dit Caligula[17], est saluée par tous. Mais très vite on doit déchanter devant les folies sanguinaires d'un prince sans doute tenté par le despotisme oriental et l'absolutisme sacré. Son oncle, Claude[18], bien que ses contemporains mettent l'accent sur son ridicule, est un grand empereur, réformateur de l'État et créateur de l'administration impériale. Sur le plan territorial, les Julio-Claudiens poursuivent le programme d'Auguste, sans véritable conquête toutefois, sinon l'annexion de royaumes alliés ou clients : la Commagène[19], la Maurétanie[20], le Bassin de Londres, la Thrace[21] et la Judée[22]. Ils amplifient la politique des jeux à l'usage de la ville de Rome et perfectionnent l'annone. De nouvelles provinces apparaissent, notamment dans le massif alpin et en Maurétanie, confiées à des chevaliers dotés des pouvoirs nécessaires pour rendre la justice. Le dernier des Julio-Claudiens, Néron[23] (54-68), est abandonné des siens pour avoir préféré les distractions au métier d'empereur et fait périr trop de sénateurs. LES SUCCESSEURS DES JULIO-CLAUDIENS La crise de succession aboutit au triomphe du commandant de l'armée d'Orient, Vespasien[24] (69-79), fondateur de la dynastie des Flaviens, qui laisse le pouvoir à ses fils Titus[25] (79-81) et Domitien[26] (81-96), gardiens vigilants des frontières de l'Empire. Domitien ayant été assassiné par ses proches, le sénat choisit un vieillard comme empereur : Nerva[27] (96-98), fondateur de la dynastie des Antonins[28], qui s'empresse de prendre comme successeur le chef des légions du Rhin : Trajan[29]. TRAJAN (98-117) Sa politique est ambitieuse, puisqu'il conquiert la Dacie[30], sur la rive gauche du Danube, annexe l'Arabie Pétrée[31] et crée les provinces d'Arménie et de Mésopotamie. Trajan, fin diplomate, a su obtenir l'adhésion du sénat, désormais totalement rallié à la monarchie impériale ; il dote également Rome du plus important de ses forums.HADRIEN (117-138) Hadrien[32] fait croire à son adoption par Trajan et est proclamé par l'armée d'Orient, mais devant l'ampleur d'une révolte juive, il renonce à l'Arménie et à la Mésopotamie, tout en veillant scrupuleusement à la défense de l'Empire. Le ralliement des élites grecques à l'administration de l'Empire devient manifeste sous son principat. Hadrien adopte comme successeur un sénateur respecté, Antonin[33] (138-161), qui va mener la même politique. Ce dernier jouit d'une grande popularité en raison de sa bonne gestion des finances publiques et de son accord profond avec le sénat. MARC AURÈLE (161-180)Fils adoptif d'Hadrien, Marc Aurèle[34] est tout aussi populaire mais moins chanceux : une maladie infectieuse (la variole ?) dévaste les régions européennes et asiatiques de l'Empire, et les Germains en profitent pour franchir le Danube et menacent Aquilée[35]. Cependant, l'empereur réussit à reprendre la situation en main, ce qui permet à son fils Commode[36] (181-192) de jouir en paix du pouvoir, malgré son incapacité à gouverner. La nouvelle crise de succession se dénoue par le triomphe de Septime Sévère[37], fondateur de la dynastie des Sévères[38], qui commande la principale armée danubienne (193-211). Général énergique et bon juriste, il dote l'Empire d'une nouvelle province, la Mésopotamie. Son fils, Caracalla[39] (211-217), poursuit la défense des frontières européennes, de nouveau menacées. LA FIN DU HAUT-EMPIRE Son préfet du prétoire, Macrin[40] (217-218), le remplace brièvement, avant le ralliement à un cousin de Caracalla, le jeune prêtre syrien Élagabal[41] (218-222). Ce dernier, incapable de gouverner, est remplacé par son cousin germain, le jeune Sévère Alexandre[42] (222-235), dont la mère, Julia Mammaea[43], s'entend aussi bien avec le sénat qu'avec les chevaliers et mène une politique pacifique. L'Empire, qui s'étend de l'Écosse à la Mésopotamie et du Maroc à la Crimée, jouit d'une prospérité générale, et ses élites provinciales participent au gouvernement. L'octroi d'administrations municipales achève de donner à ce vaste ensemble son caractère de fédération de cités, laquelle est dirigée par un monarque, responsable des armées, de la religion, des finances et de la justice. Un idéal commun de gouvernement par les notables, l'utilisation d'un système monétaire unique, la reconnaissance d'un langage gréco-romain commun y concourent également. L’AVÈNEMENT D’UN NOUVEL EMPIRE En contraste, le IIIe siècle apparaît comme une époque de troubles, qui aboutit à une mutation des institutions. En Europe, les peuples germaniques, déstabilisés par de grandes migrations, essaient de franchir le Rhin et le Danube. En Afrique, il y a parfois coïncidence entre les révoltes des nomades et celles des montagnards. Enfin, en Asie, les Sassanides[44], qui ont renversé la dynastie parthe[45] des Arsacides[46], se révèlent très agressifs. L'Empire romain, fragilisé, ne dispose que de forces armées inférieures à 500 000 hommes, alors qu'il doit se battre simultanément sur plusieurs fronts. Cet effort de guerre entraîne une augmentation des impôts, des exactions, mais aussi plusieurs dévaluations monétaires. Les soldats, dont le montant des primes dépasse celui de leur solde, multiplient les proclamations d'empereurs. Ces derniers meurent fréquemment sur le front, parfois au combat. Ainsi, Valérien[47] est fait prisonnier par les Parthes (260), ce qui provoque un morcellement de l'Empire. En Orient, les Palmyréniens[48] d'Odenath[49] sauvent les provinces romaines, avant que l'épouse de ce prince, Zénobie[50], ne tente une usurpation. Sur le Rhin, Postumus[51] crée un « empire gaulois » qui va durer une quinzaine d'années. GALLIEN C'est Gallien (voir note 125), cultivé et hellénophile[52], qui prend les mesures les plus énergiques. Il constitue une armée centrale plus mobile, encadrée par des généraux sortis du rang. De ce fait, il retire aux sénateurs tous les commandements militaires. Gallien et ses successeurs repoussent la grande invasion des Goths[53]. AURÉLIEN[54] Il restaure l'unité de l'Empire (274), procède à un rétablissement partiel de la bonne monnaie et emmuraille Rome. Une grande incursion germanique ravage les Gaules, mais les Romains reprennent l'avantage et s'avancent jusqu'en basse Mésopotamie. Dans son ensemble, l'Empire a bien résisté, mais les provinces ont été localement ruinées par les fréquents passages des armées romaines et barbares. Le sénat, quant à lui, est devenu le simple conseil municipal d'une capitale désertée par les empereurs. DIOCLÉTIEN (284-305) ET MAXIMIEN (286-305) En 286, deux augustes, Dioclétien[55] en Orient et Maximien[56] en Occident, gouvernent le monde romain. En 287, ils prennent respectivement les titres de Jovius et d'Herculius[57]. En 293, pour faire face à l'extension géographique et économique de l'Empire, un système original de partage quadripartite du pouvoir se met en place, la tétrarchie[58]. Maximien prend pour césar l'ancien préfet du prétoire Constance Chlore[59], chargé de la Bretagne et de la Gaule. Peu après, Dioclétien fait de même avec Galère[60], qui devient responsable de la péninsule balkanique. La paix règne sur toutes les frontières à partir de 298. RÉORGANISATION DE L’EMPIRE Le nombre des légions passe de 39 à 60, mais leurs effectifs sont variables. L'administration impériale est renforcée et les impôts (capitation[61] et impôt foncier) sont augmentés. La bonne monnaie fait une réapparition, mais elle demeure fabriquée de billon[62], et non plus d'argent comme ce fut le cas sous le Haut-Empire. Une flambée des prix, combattue par un édit du maximum du prix des marchandises et des services applicable dans tout l'Empire, accompagne cette politique monétaire. Dioclétien s'attaque aussi aux croyances jugées dangereuses, d’abord au manichéisme[63], ensuite au christianisme (303-304), par quatre édits successifs qui font des milliers de victimes, surtout en Orient, en Italie et en Afrique. En 305, Dioclétien et Maximien Hercule abdiquent, leurs Césars Constance Chlore et Galère les remplacent. Mais le système est déréglé en 306 par la mort de Constance Chlore et la proclamation par ses troupes de son fils Constantin[64] (306-337), qui prend le contrôle des Gaules, des Germanies, de l'Hispanie (la péninsule Ibérique) et de l'île de Bretagne. CONSTANTINConstantin s'empare de l'Italie en 313 et de tout l'Orient en 324. Après avoir autorisé le christianisme, il s'y convertit lui-même, faisant du monde romain un empire chrétien de droit divin, puis s'installe à Byzance, débaptisée en Constantinople en 330, site à mi-chemin entre les fronts oriental et danubien. Ce pari est gagné par son fils Constance II[65] ; la nouvelle capitale reçoit sénat, magistrats et jeux, et atteint 200 000 habitants à la fin du siècle. Constantin et ses fils développent l'administration impériale, favorisent le christianisme jusqu'en 361, et interdisent le culte païen en 391. LA PROSPÉRITÉ DU IVe SIÈCLE Le IVe siècle est une période de paix pour l'Empire, ce qui permet une réelle prospérité, malgré les fréquentes opérations militaires pour défendre les frontières et des guerres civiles. Rome demeure la première métropole, et ses sénateurs assurent les principales dépenses : plusieurs basiliques chrétiennes sont construites (au Vatican, au Latran ou Saint-Paul hors les murs) ; l'annone est distribuée à 200 000 allocataires, et le calendrier des jeux maintenu. Mais l'Église catholique, affaiblie par l'essor de l'arianisme, ne conquiert la cour impériale que dans le dernier quart du siècle. L'élite sénatoriale accepte progressivement d'adopter le christianisme. Dans tout l'Empire, la vie urbaine demeure florissante, mais nombreux sont les chefs-lieux désormais entourés de murailles bâties, parfois, avec des matériaux provenant de bâtiments publics et de nécropoles abandonnés. Les élites locales sont astreintes à de lourdes charges fiscales, qu'elles répercutent sur leurs administrés. Si les plèbes urbaines bénéficient encore de possibilités de promotion sociale, dans les campagnes les hommes libres sont désormais attachés héréditairement à la terre. L’AGONIE (Ve SIÈCLE APRÈS J.-C.) L'Empire romain a-t-il été assassiné par les Barbares ou bien est-il mort de l'incapacité de ses dirigeants ? À toutes les époques, Rome a su accepter l'installation de peuples barbares en deçà de ses frontières. Durant le IVe siècle, cette politique prend de l'ampleur et, surtout, nombreux sont les généraux d'origine barbare, souvent très capables mais jalousés par les Romains de vieille souche. L'armée ayant été affaiblie en 351 par une guerre civile, Valentinien 1er[66] a du mal à contenir les attaques des Francs[67] et des Alamans[68] sur le Rhin. Son successeur, Valens[69], est tué par les Goths, et l'armée du Danube anéantie à la bataille de Mursa (378). Théodose[70], enfin, consent à l'installation d'un État goth allié au sud du Danube, avant de rétablir la puissance romaine face aux Sassanides, ce qui assure la paix sur ce front jusqu'en 502. UN DÉSÉQUILIBRE ENTRE L’ORIENT ET L’OCCIDENT À sa mort, en 395, Théodose laisse l'Empire à ses deux fils : l'Orient à Arcadius[71], l'Occident à Honorius[72]. Ce partage entérine le déséquilibre entre un Orient prospère et un Occident épuisé. Le général vandale Stilicon[73], nommé régent par Théodose, est mal accepté par l'entourage d'Arcadius ; il réussit néanmoins à se maintenir une dizaine d'années. Le 31 décembre 406, Vandales[74], Sarmates[75], Alains[76] et Alamans franchissent le Rhin et ravagent la Gaule septentrionale et occidentale, où débarque un usurpateur avec l'armée de l'île de Bretagne, qui est, dès lors, définitivement abandonnée. Stilicon, qui ne peut compter que sur l'armée d'Orient, est arrêté et décapité en 408, et l'armée d'Occident épurée de ses partisans. ROME ASSASSINÉ Lorsque le Goth Alaric 1er [77], poussé par la cour de Constantinople, s'empare de Rome, en août 410, il la livre au pillage avant de partir avec ses Wisigoths s'installer en Gaule méridionale. La cour de Ravenne[78] (capitale impériale en 402), trop affaiblie, doit accepter l'installation de royaumes barbares en Gaule, lesquels (en particulier Alaric) apportent leur concours lors de l'invasion d'Attila[79], repoussée en 451. L'Afrique romaine est envahie en 429 par les Vandales, qui créent un empire maritime. Malgré l'installation de Barbares fédérés, les provinces danubiennes restent romaines, passant de l'autorité de la cour de Ravenne à celle de Constantinople. Sous le gouvernement d'Aetius[82] (429-454), excellent général et diplomate, l'Italie connaît un répit et Rome retrouve une partie de sa splendeur. Mais l'assassinat d'Aetius par Valentinien III[83] ouvre la voie aux usurpations, certains empereurs n'étant d'ailleurs que les prête-noms de chefs barbares. L'un d'entre eux, Odoacre[84], dépose le tout jeune empereur Romulus Augustule[85] et décide de reconnaître l'autorité de l'empereur de Constantinople (476). LES INVASIONS BARBARES En 489, les Ostrogoths[86] de Théodoric[87] s'installent en Italie et rétablissent formellement l'Empire romain d'Occident, jusqu'à la reconnaissance de Théodoric comme roi d'Italie, en 497. Cependant, dans les faits, l'Empire romain n'existe plus dans un Occident désormais entièrement soumis aux Barbares, mais persiste en Orient. Particulièrement affaibli par des querelles religieuses, notamment celle relative au monophysisme[88], l'Empire d'Orient conserve néanmoins les mêmes territoires qu'en 408 ; le règne d'Anastase[89] (491-518) lui permet de restaurer ses finances et de réorganiser son armée. L'Occident, plus durement assailli par les Barbares, est miné par les intrigues de palais, et l'effort fiscal demandé à ses populations est durement ressenti. Pour les aristocraties urbaines comme pour les paysans, le gouvernement des Barbares est moins pesant que celui de l'autorité impériale. Si l'Empire est bien assassiné, il faut reconnaître que de fragile il est devenu faible. Rome, livrée à un troisième pillage en 472, voit sa population tomber à quelque 120 000 habitants, et son aristocratie ruinée ne peut assurer ni les jeux, ni l'annone, ni l'entretien des édifices publics. Son évêque conserve cependant un grand prestige. Dans un Occident où la vie urbaine connaît une régression quasi générale, elle demeure, à l'aube du VIe siècle, la principale cité, et la plus sainte. Cité-État à l'origine, qui s'assure le contrôle du Bassin méditerranéen et crée une monarchie originale, Rome a su intégrer politiquement et culturellement les peuples les plus divers. La culture, les langues, les littératures, mais aussi les institutions des pays méditerranéens viennent en grande partie des Romains, qui, en douze siècles, ont profondément marqué les régions qu'ils organisèrent, et leur héritage est loin d'être aboli. __________
[1] Astures : Dernière des tribus celtes d'Espagne à résister aux Romains. Elle fut soumise par Carisius, le légat d'Auguste. La capitale était Lucus Asturum (Oviedo). A la fin du 1er siècle avant notre ère, le territoire des Astures fut divisé en deux régions : la Transmantanie et l'Augustanie. [2] Cantabres : peuple de l'ancienne Espagne, au sud du golfe de Gascogne, soumis par les Romains en 25-19 av. J.-C. [3] La Turbie : Commune des Alpes-Maritimes (arrondissement de Nice), dominant Monaco ; 3 021 habitants [1999] (Turbiasques). Célèbre Trophée des Alpes, élevé par Auguste, en l'an 6 av. J.-C., sur la voie Julia, pour commémorer la soumission des peuples ligures. [4] l’Elbe : fleuve de la République tchèque et d'Allemagne ; 1 100 km. [5] la Pannonie : ancienne région de l'Europe centrale, sur le Danube moyen, correspondant à la Hongrie occidentale. Elle fut conquise par les Romains entre 35 av. J.-C. et 10 apr. J.-C. [6] AGRIPPA (Marcus Vipsanius) : général romain (63 - 12 av. J.-C.). Il fut le meilleur collaborateur d'Auguste, qui organisa pour lui une sorte de corégence. Il s'illustra à Actium (31 av. J.-C.) et inaugura à Rome l'œuvre monumentale de l'époque impériale (le Panthéon). Il avait épousé Julie, fille d'Auguste. [7] TIBÈRE (en latin, Tiberius Julius Caesar) (42 av. J.-C. – 37 ap. J.-C.) : empereur romain (14-37 apr. J.-C.). Fils de Livie, remariée en 38 av. J.-C. avec Auguste, il fut adopté par ce dernier (4 apr. J.-C.), et lui succéda. Il transforma alors la magistrature extraordinaire de son beau-père en institution permanente. Il exerça une rigoureuse administration financière. En politique extérieure, il ramena la frontière de l'Empire sur le Rhin (17). Mais, en 27, malade et aigri, il se retira à Capri, laissant au préfet du prétoire Séjan la direction des affaires. Le règne de Tibère, après l'exécution de Séjan (31), qui convoitait le trône, a été présenté par les partisans du sénat comme une époque de terreur. [8] MÉCÈNE (en latin, Caius Cilnius Maecenas) : chevalier romain (Arezzo ? v. 69-8 av. J.-C.). Ami personnel d'Auguste, il encouragea les lettres et les arts. Virgile, Horace, Properce bénéficièrent de sa protection. Depuis, un mécène est une personne physique ou morale qui protège les écrivains, les artistes, les savants, en les aidant financièrement. [9] HORACE (en latin, Quintus Horatius Flaccus) : poète latin (Venusia 65-8 av. J.-C.). Ami de Virgile et de Mécène, protégé d'Auguste, épicurien délicat et artiste raffiné, il a doté les lettres latines d'une poésie à la fois familière, nationale et religieuse (Satires, Odes, Épîtres). Il fut tenu par les humanistes puis par les classiques français pour le modèle des vertus classiques d'équilibre et de mesure. [10] VIRGILE (en latin, Publius Vergilius Maro) : poète latin (Andes, aujourd’hui Pietole, près de Mantoue, 70 av. J.-C. - Brindes 19 av. J.-C.). Né dans une famille modeste, il fait ses études à Crémone, à Milan et à Rome. De retour dans sa patrie, il fréquente le cercle littéraire d'Asinius Pollio, dont la protection lui permet d'obtenir la restitution de ses terres, confisquées au profit des vétérans d'Octave. Le succès des Bucoliques (courts dialogues de bergers, imités de Théocrite), qu'il compose entre 42 et 39 av. J.-C., l'amitié de Mécène et du futur empereur Auguste font alors du poète un des écrivains les plus estimés du nouveau régime. C'est près de Naples, où il passera presque toute sa vie, qu'il compose, entre 39 et 29, une grande fresque de la vie rustique, les Géorgiques (poème didactique en 4 chants (39-29 av. J.-C.). Inspiré par Auguste, qui voulait réveiller l'amour de la terre chez les Romains, ce poème traite de l'agriculture et de l'élevage, constituant un hymne à la nature et au travail humain), et, à partir de 29, une vaste épopée nationale, l'Énéide (poème épique en douze chants (29-19 av. J.-C.). L'Énéide raconte l'établissement en Italie des Troyens, qui prépare la fondation de Rome. Les six premiers chants, à travers les épisodes des amours de Didon et de la descente d'Énée aux Enfers s'inspirent de l'Odyssée, les six autres se rapprochent plutôt des récits guerriers de l'Iliade. Outre l'influence d'Homère, celle des poètes alexandrins (Apollonios de Rhodes) est sensible dans cette célébration de l'idéal moral romain, qui apparut aussitôt aux contemporains d'Auguste comme leur grande épopée nationale et eut un retentissement jusque dans la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance). Cette dernière œuvre n'est pas entièrement achevée lorsque Virgile meurt, au retour d'un voyage en Grèce. Il aurait voulu que l'on détruise l'Énéide, qu'il jugeait imparfaite, mais, sur l'ordre d'Auguste, l'épopée est publiée et immédiatement considérée comme l'œuvre la plus importante de la latinité. Quant au poète, sa renommée ne cessa de grandir et tout un cycle de légendes se forma autour de sa mémoire. [11] LUCRÈCE (en latin, Titus Lucretius Carus) : poète latin (Rome ? v. 98 - 55 av. J.-C.), auteur du De natura rerum, épopée inspirée de la science et de la philosophie épicuriennes. Le poète y expose, sur un mode poétique, sa morale du plaisir, ou bien suprême, et discerne dans la peur de la mort l'entrave principale au bonheur de l'homme. [12] SALLUSTE (en latin, Caius Sallustius Crispus) : historien romain (Amiternum, Sabine, 86 av. J.-C. - v. 35 av. J.-C.). Protégé de César, gouverneur de Numidie (46), où il fit fortune, il se fit construire à Rome, sur le Quirinal, une riche demeure (Horti Sallustiani). À la mort du dictateur, en 44, Salluste se retira de la vie politique et se consacra aux études historiques (Guerre de Jugurtha, Conjuration de Catilina, Histoires). [13] VARRON (en latin, Marcus Terentius Varro) : écrivain latin (Reate, aujourd’hui Rieti, 116-27 av. J.-C.). Lieutenant de Pompée pendant la guerre civile, il se réconcilia avec César, qui le chargea d'organiser la première bibliothèque publique de Rome. De son œuvre encyclopédique, nous ne possédons que les trois livres d'un traité d'économie rurale, une partie d'un traité de philosophie et des fragments d'ouvrages historiques. [14] OVIDE (en latin, Publius Ovidius Naso) : poète latin (Sulmona 43 av. J.-C.-Tomes, aujourd’hui Constanta, Roumanie, 17 ou 18 apr. J.-C.). Auteur favori de la société mondaine des débuts de l'Empire, par ses poèmes légers, érotiques ou mythologiques (l'Art d'aimer, les Héroïdes, les Métamorphoses (poème mythologique en 15 livres (an 1 ou 2 apr. J.-C.), rassemblant environ 250 fables, consacrées aux transformations de héros mythologiques en plantes, animaux ou minéraux), les Fastes), il fut banni pour une raison restée mystérieuse et mourut en exil malgré les supplications de ses dernières élégies (les Tristes, les Pontiques). [15] VITRUVE (en latin, Vitruvius) : ingénieur militaire et architecte romain du 1er s. av. J.-C., auteur du traité De architectura, dont les copies et les adaptations, à partir du XVe siècle, ont nourri l'évolution du classicisme européen. [16] TITE-LIVE (en latin, Titus Livius) : historien latin (Padoue 59 av. J.-C.-Rome 17 apr. J.-C.). Familier de la cour d'Auguste, il se consacra dès 27 av. J.-C. à son Histoire de Rome (des origines jusqu'à 9 av. J.-C.), inachevée, en 142 livres, dont 35 à peine sont conservés. Dans ce chef-d'œuvre, l'auteur utilise, outre les travaux des historiens antérieurs, les anciennes annales de Rome et s'efforce de faire revivre dans un style vivant le passé romain. [17] CALIGULA (en latin, Caius Caesar Augustus Germanicus) : Empereur romain (Antium, 12 apr. J.-C. — Rome, 41). Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine, petit-neveu de Tibère, auquel il succéda, fut le troisième empereur romain. Caligula fut adopté par Tibère, pour lui succéder, en 37 apr. J.-C., ce qui devait maintenir la magistrature suprême entre les mains de la dynastie des Julius et Claudius. Caligula était âgé de 25 ans lorsqu'il fut porté au pouvoir, soutenu par la pression des armées du prétoire. Depuis l'avènement des césars, en effet, les assemblées populaires et le sénat ont cessé d'être le lieu de l'exercice du pouvoir, bien que leur existence formelle conserve une apparence démocratique à l'Empire. [18] CLAUDE 1er (en latin, Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus) (10 av. J.-C. – 54 ap. J.-C.) : empereur romain (41-54). Il eut pour épouses Messaline puis Agrippine. Il développa l'administration centrale et renforça les pouvoirs impériaux aux dépens du sénat et des magistratures traditionnelles. À l'extérieur, il s'illustra dans la conquête de la Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne) et de la Thrace (46). Cultivé, mais faible, il se laissa dominer par Agrippine, qui l'empoisonna. [19] Commagène : ancien pays du nord-est de la Syrie, royaume indépendant au IIe s. av. J.-C. Les Romains y imposèrent leur protectorat (64 av. J.-C.). [20] Maurétanie (ou Mauritanie) : ancien pays de l'ouest de l'Afrique du Nord, habité par les Maures, tribus berbères qui formèrent vers le Ve s. av. J.-C. un royaume passé au IIe s. av. J.-C. sous la dépendance de Rome. Province romaine en 40 apr. J.-C., divisée, en 42, en Mauritanie Césarienne et Mauritanie Tingitane, la région, occupée par les Vandales au Ve siècle puis par les Byzantins (534), fut conquise par les Arabes au VIIIe siècle. [21] Thrace : région du sud-est de l'Europe, occupant l'extrémité nord-est de la Grèce (Thrace occidentale), la Turquie d'Europe (Thrace orientale) et le sud de la Bulgarie. Le partage de la région eut lieu en 1919 et en 1923. [22] Judée : province du sud de la Palestine à l'époque gréco-romaine. [23] NÉRON (en latin, Lutius Domitius Tiberius Claudius Nero) (37-68) : Empereur romain (54-68). Fils d'un prétorien, Cneius Domitius Ahenobarbus, et d'Agrippine la Jeune, il était, par sa mère, le neveu de Caligula et le descendant d'Auguste. C'est d'ailleurs grâce aux intrigues d'Agrippine qu'il parvint au pouvoir: elle le fit adopter par son second mari, l'empereur Claude (51), et lui fit épouser la fille de ce dernier, Octavie ; c'est encore elle qui manœuvra contre Britannicus, fils de Claude, pour qu'à la mort de celui-ci, la garde prétorienne proclame Néron empereur. Le règne du jeune empereur fut d’abord empreint de sagesse. Mais, faible de caractère et enivré par le pouvoir, il céda bientôt à une cruauté inouïe : il fit empoisonner Britannicus (55), tuer Agrippine (59) et Octavie (62), qu'il avait répudiée au profit de Poppée. Dès lors, ses extravagances ne connurent plus de limites : prenant au sérieux ses talents d'artiste, il paraissait dans des compétitions de cirque ou se faisait applaudir au théâtre. Accusé d'avoir fait incendier Rome (64), il détourna les soupçons sur les chrétiens et lança contre eux une campagne de persécutions. Pour complaire à la plèbe, il organisa des jeux et des spectacles qui, malgré spoliations et dévaluations, ruinèrent le Trésor. Il s'aliéna la sympathie des sénateurs, en s'appropriant leur fortune, mais parvint à déjouer leurs complots (conjuration de Pison, 65). Après avoir condamné à mort tous ses adversaires, parmi lesquels les écrivains Sénèque, Lucain et Pétrone, Néron ne put contrôler les mouvements de révolte dans l'Empire : Julius Vindex souleva la Gaule et organisa l'insurrection, à laquelle se rallia Galba, gouverneur de l'Espagne citérieure. Ce dernier fut reconnu empereur par le sénat (68). Déclaré ennemi public, Néron, contraint de fuir Rome, choisit de se faire tuer par un affranchi. Sous son règne, la politique extérieure connut cependant quelques succès: il rétablit le protectorat romain sur l'Arménie (59), que lui disputaient les Parthes, et, triomphant des rébellions, il maintint son autorité sur la Bretagne (61), ainsi que sur la Judée (67). [24] VESPASIEN (en latin, Titus Flavius Vespasianus) (9-79) : empereur romain (69-79). Son règne mit fin à la guerre civile qui avait suivi la mort de Néron. Issu de la bourgeoisie italienne, il entreprit la pacification de la Judée, mit de l'ordre dans l'Administration, rétablit les finances, commença la construction du Colisée, ou amphithéâtre Flavien, et reconstruisit le Capitole. Il réprima le soulèvement gaulois, envoya Agricola en Bretagne (actuelle Angleterre) [77-84] et entreprit la conquête des champs Décumates. Il affaiblit l'opposition de l'aristocratie en favorisant l'entrée des provinciaux au sénat. Il instaura le système de la succession héréditaire en faveur de ses fils Titus et Domitien, qui formèrent avec lui la dynastie des Flaviens. [25] TITUS (en latin, Titus Flavius Vespasianus) (39-81) : empereur romain (79-81). Fils de Vespasien, il s'empara de Jérusalem (70). Son règne, très libéral, fut marqué par de grandes constructions (Colisée, arc de Titus) et par l'éruption du Vésuve (79), qui détruisit Pompéi, Herculanum et Stabies. [26] DOMITIEN (en latin, Titus Flavius Domitianus) (51-96) : empereur romain (81-96). Frère et successeur de Titus, bon administrateur, il réorganisa les bureaux centraux de correspondance et de finances. Il releva Rome des ruines provoquées par les incendies de 64 et de 80 et fit édifier sur la frontière danubienne un limes fortifié. Il instaura un régime absolutiste, persécuta le sénat et mourut assassiné. [27] NERVA (en latin, Marcus Cocceius) (30-98) : empereur romain (96-98), fondateur de la dynastie des Antonins. Succédant à Domitien, il pratiqua une politique de collaboration avec le sénat, puis il adopta Trajan (97) pour lui succéder. [28] Les Antonins : nom donné à sept empereurs romains (Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin, Marc Aurèle, Verus, Commode) qui régnèrent de 96 à 192 apr. J.-C. Leur règne correspond à l'apogée économique du monde romain. [29] TRAJAN (en latin, Marcus Ulpius Traianus) (53-117) : empereur romain (98-117). Par la conquête de la Dacie (101-102 et 105-107), il assura la sécurité des frontières sur le Danube et, en Orient (114-116), il lutta contre les Parthes et étendit l'Empire jusqu'à l'Arabie Pétrée, l'Arménie et la Mésopotamie. Il se montra excellent administrateur et fut un grand bâtisseur (forum de Trajan, marché, basilique...). [30] La Dacie : ancien pays d'Europe, correspondant à l'actuelle Roumanie. Ses habitants (Daces) furent soumis par Trajan (101-107 apr. J.-C.). Peuplée de colons romains, la Dacie fut notamment exploitée pour ses mines d'or. Elle fut abandonnée aux Goths par Aurélien (271). [31] L’Arabie Pétrée : Les Anciens distinguaient l'Arabie pétrée, rocailleuse, l'Arabie déserte, aux étendues des sable, et l'Arabie Heureuse bénie des dieux, terre arrosée et productrice d'encens. L’Arabie Pétrée correspond à l’actuelle Jordanie (avec pour capitale la ville de Pétra). [32] HADRIEN (en latin, Publius Aelius Hadrianus) (76-138) : empereur romain (117-138). Successeur de Trajan, qui l'avait adopté, il fit du Conseil du prince un organe de gouvernement, tendit à unifier la législation (édit perpétuel, 131) et protégea l'Empire contre les Barbares au moyen de fortifications continues (mur d'Hadrien en Bretagne [Angleterre]). Prince lettré, grand voyageur, il aménagea près de Rome la vaste villa qui porte son nom (villa Hadriana). Avant sa mort, il adopta Antonin, son neveu par alliance, qui lui succéda. Son mausolée est devenu le château Saint-Ange, à Rome. [33] ANTONIN le Pieux (en latin, Titus Aelius Hadrianus Antoninus Pius) (86-161) : empereur romain (138-161). Membre d'une riche famille sénatoriale, consul en 120, proconsul d'Asie (133-136), il déploya des compétences d'administrateur et fut remarqué par Hadrien, qui l'adopta en 138. Empereur pacifique, humain et économe des deniers publics, il assura la paix aux provinces de l'Empire romain, dont son règne a marqué l'apogée. [34] MARC AURÈLE (en latin, Marcus Aurelius Antoninus) (121-180) : empereur romain (161-180). Adopté par Antonin, il lui succéda. Son règne, durant lequel il renforça la centralisation administrative, fut dominé par les guerres : campagnes contre les Parthes (161-166) et contre les Germains qui avaient franchi le Danube et atteint l'Italie (168-175) puis à nouveau en 178-180. Il associa au pouvoir son fils Commode en 177. Empereur philosophe, il a laissé des Pensées, écrites en grec, où s'exprime son adhésion au stoïcisme. [35] Aquilée (en italien, Aquileia) : ville d'Italie, sur la mer Adriatique (province d'Udine) ; 3 359 hab. Fondée en 181 av. J.-C., elle fut détruite par Attila (452). Elle fut le siège d'un patriarcat ecclésiastique dont dépendait la Vénétie (554-1751). Imposant forum d'époque impériale, mausolées et basilique d'époque constantinienne (IVe s. ; reconstruite à partir du XIe s.), pavée de mosaïques. [36] COMMODE (en latin, Marcus Aurelius Commodus) (161-192) : empereur romain (180-192). Fils de Marc Aurèle, il traita avec les Barbares danubiens et abandonna la politique militaire de son père. Ses extravagances (il s'identifia à Hercule) et ses cruautés lui valurent d'être assassiné. [37] SEPTIME SÉVÈRE (en latin, Lucius Septimius Severus Pertinax) (146-211) : empereur romain (193-211). Porté au pouvoir par les légions d'Illyrie, Sévère gouverna en monarque absolu. Il enleva aux Parthes la Mésopotamie et fortifia la frontière nord de la Bretagne (aujourd’hui l’Angleterre). Son règne fut favorable à l'extension des cultes orientaux. [38] La Dynastie des Sévères : dynastie romaine (193-235), qui compta les empereurs Septime Sévère, Caracalla, Geta, Élagabal et Sévère Alexandre. À leur règne succéda l'anarchie militaire (235-270). [39] CARACALLA (en latin, Marcus Aurelius Antoninus Bassianus, surnommé) (188-217) : empereur romain (211-217), fils de Septime Sévère. Vainqueur des Germains (213) et des Parthes (215), il étendit à tout l'Empire le droit de cité romain (Constitution antonine ou édit de Caracalla, 212). Il fit construire à Rome les thermes qui portent son nom. [40] MACRIN (en latin, Marcus Opellius Macrinus) (164-218) : Empereur romain (217-218). Il fit assassiner Caracalla et fut proclamé empereur par l'armée d'Orient. La paix qu'il signa avec les Parthes lui fit perdre son autorité et une partie des troupes se rallia à Élagabal. Vaincu près d'Antioche, il fut tué par ses soldats. [41] ÉLAGABAL ou HÉLIOGABALE (en latin, Marcus Aurelius Antoninus, dit) (204-222) : empereur romain (218-222). Grand prêtre du Baal solaire d'Émèse (Syrie), qu'il proclama dieu suprême de l'Empire, il fut assassiné par les prétoriens. [42] SÉVÈRE ALEXANDRE (en latin, Marcus Aurelius Severus Alexander) (205 ou 208-235) : empereur romain (222-235). Partisan du syncrétisme religieux, il toléra le christianisme. Il fut tué au cours d'une sédition militaire. [43] JULIA MAMMAEA : Mère de Sévère Alexandre et tante de l’empereur Élagabal, elle gouverna quand son fils monta sur le trône à l’âge de quatorze ans. D’ailleurs, la vie du pauvre empereur Sévère Alexandre ne semble avoir été qu'une longue suite de lâches abandons devant sa redoutable mère, la très possessive et très jalouse Julia Mammaea. Par exemple, Alexandre avait épousé la fille d'un patricien. Mais Mammaea, jalouse de ses prérogatives d'impératrice, ne parvint jamais à supporter sa bru, ne reculant devant aucune vexation pour se débarrasser de cette mijaurée qui lui disputait l'amour de son fils. Le beau-père de l'empereur commit alors une erreur fatale : irrité de toutes les avanies que la mégère infligeait à sa petite fille chérie, il alla se plaindre au camp des prétoriens. Grosse bêtise ! Mammaea l'accusa de haute trahison. Il fut exécuté sans autre forme de procès tandis que sa pauvre fille (pourtant impératrice en titre) était bannie chez les sauvages d'Afrique où les mauvais traitements eurent bien vite raison de sa santé. Quant à Alexandre, terrifié par sa gorgone de mère, il ne leva pas le petit doigt pour sauver son infortunée jeune épouse. [44] Les Sassanides : dynastie iranienne qui régna sur un empire qui s'étendait de la Mésopotamie à l'Indus, de 224/226 à la conquête arabe (651). [45] Les Parthes : ancien peuple apparenté aux Scythes, installé au IIIe s. av. J.-C. dans la région nord-est de l'Iran. Leur chef Arsace (v. 250 av. J.-C.), profitant de la faiblesse de l'Empire séleucide, constitua un royaume à la fin du IIe s. av. J.-C., qui s'étendait sur l'Iran et une partie de la Mésopotamie, et mit en échec les armées romaines. La dynastie parthe des Arsacides fut renversée par les Sassanides (224 apr. J.-C.). [46] Les Arsacides : Dynastie originaire d'Iran et fondée par Arsace, chef parthe du IIIe siècle. av. J.-C. L'Empire parthe des Arsacides, s'étendant de l'Afghanistan actuel à l'Euphrate, régna sur la Perse pendant près de cinq siècles. Il joua un rôle important dans les relations commerciales entre l'Occident, les Indes et l'Extrême-Orient, du fait qu'il contrôlait sur la Route de la soie et qu'il entretenait des relations étroites avec les Chinois. Opposés aux Romains pendant près de trois siècles, les Arsacides furent gravement affaiblis après plusieurs défaites (115-117, 165, 197-198 apr. J.-C.), et la royauté parthe fut finalement anéantie par les Sassanides. [47] VALÉRIEN (en latin, Publius Licinius Valerianus) (mort en 260) : empereur romain (253-260). Il associa à l'Empire son fils Gallien, auquel il confia l'Occident. Il persécuta les chrétiens (édits de 257 et 258) et fut vaincu par les Perses à Édesse. Fait prisonnier par le roi sassanide Châhpuhr 1er, il fut mis à mort. [48] Les Palmyréniens (64 av. J.-C. – 273 ap. J.-C.) : Après l'écroulement de l'Empire séleucide (un des vestiges de l'empire d'Alexandre) en 64 av. J.-C., le Moyen-Orient comportait un no man's land, entre l'Empire romain à l'ouest et l'Empire parthe à l'est. Le peuple de Tadmor, mit sur pied une police du désert qui protégeait les échanges entre Damas et l'Euphrate. Ce commerce les enrichit et leur ville devint connue sous le nom de Palmyre par les Romains (Palmyre : la « cité des palmiers », site historique de Syrie, entre Damas et l'Euphrate. Oasis du désert syrien et carrefour des caravanes, elle monopolisa, après la chute de Pétra (106 apr. J.-C.), la plus grande partie du commerce avec l'Inde. Sa domination fut brisée par l'empereur Aurélien et Palmyre, dévastée (273), fut détruite par les Arabes (634)). Palmyre obtenait le statut de ville franche avant de devenir une colonie romaine. Un noble palmyrénien fut proclamé Dux Orientis (seigneur de la guerre de l'Est–quasiment co-empereur) et reçut le soutien des Romains. L'armée de Palmyre triompha des Perses et reconquit la Mésopotamie. À la suite de l'étrange assassinat du Dux Orientis en 267, sa femme Zénobie prit le trône et revendiqua le titre d'Auguste pour son fils. Les Romains se méfiaient de ces changements mais l'armée qu'ils envoyèrent à l'est fut vaincue par Zénobie, qui se révélait un chef de guerre compétent. Les Palmyréniens occupèrent ensuite l'Égypte. À cette époque, l'empire de Palmyre s'étendait de l'Asie Mineure à la Mésopotamie et à l'Égypte. Son armée était principalement constituée d'archers, d'archers de cavalerie et de cavalerie lourde (cataphractes). Les Romains envoyèrent une seconde armée en Syrie. La cavalerie légère romaine l'emporta sur les cataphractes de Palmyre, qui fut assiégée et capitula. La reine Zénobie fut arrêtée et l'exil lui fut accordé. Palmyre s'insurgea une nouvelle fois après le départ de l'empereur et massacra la garnison romaine. Les légions revinrent rapidement et saccagèrent la ville. [49] ODENATH (ou Septimius Odeynat, ou Septimius Odheinat) : Prince de Palmyre (mort en 277). En raison de ses victoires sur les Perses, il fut chargé par Gallien de la défense de l'Orient et reçut le titre d'imperator. Il fut assassiné par l'un de ses neveux, probablement avec la complicité de sa femme, Zénobie, qui lui succéda. [50] ZÉNOBIE (morte vers 274) : reine de Palmyre (267-272). Elle gouverna après la mort de son époux, Odenath, et étendit son autorité de l'Asie Mineure à l'Égypte. L'empereur Aurélien la vainquit après deux ans de campagne (271-272). Amenée captive à Rome, elle figura au triomphe d'Aurélien. [51] POSTUMUS (en latin, Marcus Cassianius Latinius) : officier gaulois (mort en 268), qui se fit proclamer empereur des Gaules par ses troupes (258). Il réunit sous son autorité Gaules, Germanies, Bretagne et une partie de l'Espagne. Il fut tué par ses soldats. [52] Hellénophile : étymologiquement, amoureux de la culture grecque. [53] Les Goths : peuple de la Germanie ancienne. Venus de Scandinavie et établis au 1er s. av. J.-C. sur la basse Vistule, ils s'installèrent au IIIe siècle au nord-ouest de la mer Noire. Établis entre Dniepr et Danube, ils se divisèrent entre Ostrogoths, à l'est, et Wisigoths, à l'ouest. Au IVe siècle, l'évêque Ulfilas les convertit à l'arianisme et les dota d'une écriture et d'une langue littéraire. Sous la poussée des Huns (v. 375), ils pénétrèrent dans l'Empire romain. [54] AURÉLIEN (en latin, Lucius Domitius Aurelianus) (214-275) : empereur romain (270-275). Pour faire face aux invasions barbares, il fit édifier autour de Rome une enceinte fortifiée (mur d'Aurélien). Puis il se consacra à la réunification de l'Empire, menacé de toutes parts. Il battit les Goths sur le Danube en 271, triompha de Zénobie, reine de Palmyre (273), et obtint enfin, la même année, l'abdication de Tétricus, maître de l'empire des Gaules. Ses réformes administratives et religieuses marquèrent un renforcement de l'autorité impériale et furent à l'origine du redressement de l'Empire. [55] DIOCLÉTIEN (en latin, Caius Aurelius Valerius Diocles Diocletianus) (245-313) : empereur romain (284-305). Proclamé empereur (284), maître de l'Empire après la mort de Carin (285), il s'associe Maximien, devenu auguste en 287, à qui il confie l'Occident, se réservant l'Orient. Il reprend une partie des territoires de Mésopotamie et étend son protectorat sur l'Arménie. La seconde partie du règne (293-305) débute avec l'établissement de la tétrarchie : pour faire face aux dangers nouveaux qui menacent l'Empire, Dioclétien désigne deux césars, Constance Chlore et Galère, en qualité d'adjoints aux deux empereurs augustes ; Dioclétien adopte Galère, et Maximien, Constance Chlore. De 293 à 296, Constance pacifie la Gaule et la Bretagne. Pendant ce temps, Maximien contient les Germains, puis rétablit l'ordre en Afrique du Nord. En Orient, Galère pacifie les régions danubiennes, tandis que Dioclétien lutte contre le roi de Perse Narsès, réoccupant toute la Mésopotamie et établissant le protectorat de Rome sur l'Arménie et l'Ibérie. Après 297, Dioclétien se consacre à la réorganisation générale de l'Empire. Il prépare la séparation de l'armée sédentaire des frontières et de l'armée mobile de l'intérieur, qui fait fonction de réserve, et accroît le nombre des unités combattantes. Il morcelle et multiplie les provinces, mais les regroupe en 12 diocèses. Les impôts sont réorganisés. Pour arrêter la hausse des prix est fixé un maximum des prix de vente (édit du maximum, 301), qui se révèle inefficace. Dans le domaine religieux, Dioclétien persécute les manichéens (297) et les chrétiens. L'édit déclarant le christianisme incompatible avec la théologie du pouvoir tétrarchique déclenche la « grande persécution » (303-305). Dioclétien abdique en 305, ainsi que Maximien, et se retire près de Salone. [56] MAXIMIEN (en latin, Marcus Aurelius Valerius Maximianus) (250-310) : empereur romain (286-305 et 306-310). Associé à l'Empire par Dioclétien, il abdiqua avec lui en 305. Dans l'anarchie qui suivit, il reprit le pouvoir. Il entra en conflit avec son gendre Constantin, qui le fit disparaître. [57] Jovius et Herculius : Cette dyarchie, gouvernement à deux « têtes » entre Dioclétien et Maximien, ainsi constituée, tout en partageant les tâches entre les deux princes, maintenait cependant une différence entre eux. Dès 287, en effet, une sorte de théologie politique se mettait en place : Dioclétien, proclamé descendant de Jupiter (Jovius), conservait le premier rang, tandis que Maximien se rattachait à la lignée d'Hercule (Herculius), les deux empereurs étant comme frères dans leur lignée divine dont ils manifestaient sur terre les vertus de sagesse et de force. Dans cette conception, fortement influencée par l'idéologie des Perses sassanides, l'empereur, divinisé, est dieu de naissance et créateur de dieux. Le rituel de cour qui se mit en place était étranger à la tradition romaine : ainsi, le cérémonial de l'adoration de la pourpre impériale, par lequel les privilégiés, admis en présence de l'empereur, devaient se présenter à lui en silence, les mains voilées, se prosterner et baiser le bord de son vêtement. [58] Tétrarchie (du grec tetra, quatre, et arkhein, commander). Organisation de l'Empire romain, divisé par Dioclétien entre quatre empereurs (deux augustes et deux césars). [59] CONSTANCE 1er CHLORE (en latin, Flavius Valerius Constantius, surnommé Chlore, « le Pâle » ). (v. 225-306) : Empereur romain 305-306. Élevé au rang de césar en 293, il devint auguste à la suite de l'abdication de Maximien et de Dioclétien (305). Il reconquit la Bretagne (l’actuelle Angleterre). Il est le père de Constantin 1er et le fondateur de la seconde dynastie des Flaviens, qui régna jusqu'en 363. [60] GALÈRE (en latin, Caius Galerius Valerius Maximianus) (v. 250-311) : empereur romain de la tétrarchie, gendre de Dioclétien. César en 293, il devint auguste après l'abdication de Dioclétien (305). Il fut l'instigateur de la persécution dite « de Dioclétien » contre les chrétiens en 303 ; devant son échec, il promulgua en 311 l'édit de tolérance de Nicomédie. [61] Capitation (du latin caput, -itis, tête) : taxe ou impôt par tête. [62] Billon : Monnaie divisionnaire faite d'un alliage pauvre en métal précieux et ne portant pas en elle-même sa valeur réelle. [63] Manichéisme : Religion de MANI (ou MANÈS, prophète, fondateur du manichéisme (216-274 ou 277). Venant d'une secte baptiste de Mésopotamie, il se présenta comme le missionnaire d'une religion universelle de salut, le manichéisme. Lié au roi sassanide d'Iran Châhpuhr 1er, qu'il suivait dans ses expéditions, il fit lui-même de multiples voyages, jusqu'en Inde, pour y fonder des communautés. Il tomba en disgrâce sous le nouveau roi, Barhâm 1er, qui le fit mettre à mort). [64] CONSTANTIN 1er le Grand (en latin, Caius Flavius Valerius Aurelius Constantinus) (entre 270 et 288-337) : empereur romain (306-337). Fils de Constance Chlore, né entre 270 et 288 à Naissus (aujourd’hui Nis en Serbie), Constantin est proclamé empereur à la mort de son père (306). Il règne d'abord sur la Bretagne et sur la Gaule, en souverain légitime subordonné à Sévère. Après une période de luttes pour le pouvoir (l'Empire comptait sept empereurs en 310), Constantin s'allie avec Licinius, l'un des empereurs d'Orient, descend en Italie et vainc Maxence au pont Milvius, sous les murs de Rome (312). [65] CONSTANCE II (317-361) : empereur romain de 337 à 361, fils de Constantin 1er. Il régna seul à partir de 351. Il favorisa le christianisme dans l'Empire mais protégea les ariens et renforça le despotisme impérial. Il mourut alors qu'il allait combattre Julien l'Apostat, que l'armée des Gaules avait nommé empereur. [66] VALENTINIEN 1er (en latin, Flavius Valentinianus) (321-375) : empereur romain (364-375). Associé à son frère Valens, il s'installa à Milan. Il contint les Barbares hors de l'empire, dont il fortifia les frontières, et s'efforça d'améliorer la condition des classes populaires. [67] Les Francs : peuple germanique, peut-être originaire des pays de la Baltique, qui donna son nom à la Gaule romaine après l'avoir conquise aux Ve et VIe siècles. On a longtemps distingué deux ensembles de tribus : les Francs Saliens, établis sur l'IJssel, et les Francs du Rhin, installés sur la rive droite du Rhin (auxquels on a longtemps donné à tort le nom de Francs Ripuaires). À la fin du IIIe siècle, ils renforcèrent l'armée romaine de nombreux auxiliaires et, au Ve siècle, les Francs du Rhin occupaient l'actuelle Rhénanie. Au VIe siècle, Clovis 1er unifia l'ensemble des Francs et conquit la Gaule du Nord. [68] Les Alamans : tribus germaniques réunies en une confédération établie sur la rive droite du Rhin au IIIe siècle. Leur progression fut brisée en Alsace par Clovis (496 ou 506). [69] VALENS (Flavius) (328-378) : empereur romain (364-378). Associé à son frère Valentinien 1er, il gouverna les provinces orientales de l'Empire. Il se rallia à l'arianisme et fut vaincu et tué par les Wisigoths. [70] THÉODOSE 1er dit le Grand (en latin, Flavius Theodosius) (347-395) : empereur romain (379-395). Après le désastre d'Andrinople (378) qui voit la mort de l'empereur Valens, Gratien nomme Théodose à la tête de l'armée, puis le proclame auguste (379) en lui remettant l'Orient. Établi à Constantinople (380), le nouvel empereur installe les Goths comme fédérés en Mésie inférieure (382), introduit un grand nombre de Barbares dans l'armée et leur confie la majorité des commandements. Il laisse par ailleurs les Sassanides annexer la majeure partie de l'Arménie. Partisan de la foi de Nicée (édit du 28 février 380) et ayant édicté des mesures contre les ariens et contre les manichéens, il convoque à Constantinople le 2e concile œcuménique, qui achève d'insérer la hiérarchie ecclésiastique dans les cadres civils (381). Luttant contre le paganisme, il interdit les sacrifices païens, les oracles et la fréquentation des temples. Les jeux Olympiques seront même supprimés en 394. [71] ARCADIUS (v. 377-408) : Premier empereur d'Orient (395-408). Fils aîné de Théodose 1er, il reçut la partie orientale de l'empire. Sous son règne, les Goths, appelés par son ministre Rufin, occupèrent l'Asie romaine et la Grèce. [72] HONORIUS (Flavius Augustus Honorius) (384-423) : Premier empereur romain d'Occident (395-423). Fils de Théodose 1er le Grand, il devint empereur d'Occident à la mort de son père, tandis que son frère aîné, Arcadius, était couronné empereur d'Orient. Âgé de onze ans lorsqu'il accéda au trône, il régna d’abord sous le gouvernement d'un régent, le Vandale Stilicon, qui tenta de résister aux Barbares mais qu'il laissa assassiner en 408. Sous son règne, l'Italie fut ravagée par le Wisigoth Alaric qui, en 410, prit et pilla Rome ; la Gaule et l'Espagne furent envahies et dévastées par les Vandales, les Wisigoths, les Burgondes. Pour se concilier les Wisigoths, Honorius donna sa sœur, Galla Placidia, en mariage au roi Athaulf (414), successeur d'Alaric, et dut lui abandonner l'Aquitaine. Honorius se brouilla avec son frère Arcadius ; il dut faire face à l'usurpation d'un soldat gaulois, Constantin, avec lequel il finit par se réconcilier. C'est sous son règne que Ravenne devint la capitale de l'Empire (402). [73] STILICON (ou Stilichon, en latin Flavius Stilicho) : Général et homme politique romain (v. 360-408). Fils d'un officier vandale, il devint sous Théodose, dont il épousa la nièce, maître de la milice, puis à la mort de l'empereur (394), tuteur du jeune Honorius. Il s'efforça d'étendre sa régence sur l'Orient et de réunir ainsi les deux moitiés de l'Empire, mais il se heurta aux intrigues de la cour de Constantinople. En Occident, il repoussa les assauts des Barbares ; cependant, il ne parvint pas à triompher totalement d'Alaric, avec lequel il signa un traité que l'empereur Honorius ne ratifia pas. Stilicon fut tué sur l'ordre de celui-ci, à la suite d'une révolte militaire. [74] Les Vandales : peuple germanique établi au sud de la Baltique au 1er s. apr. J.-C. Au début du Ve siècle, avec d'autres peuples barbares, ils envahirent la Gaule (407), l'Espagne (409) puis, sous la conduite de Geiséric (428-477), l'Afrique romaine, où ils créèrent un royaume qui s'étendit à la Sicile. Cet État, fondé sur la piraterie et le pillage, disparut en 533, lors de la conquête byzantine de l'Afrique. [75] Les Sarmates : peuple nomade d'origine iranienne, qui occupa le pays des Scythes et atteignit le Danube (1er s. av. J.-C.). Ils ont été ensuite submergés par les Goths, puis, au IVe siècle, par les Huns. [76] Les Alains : barbares issus de la Caspienne qui, refoulés par les Huns, envahirent la Gaule en 406. Passés en Espagne (v. 409), ils furent vaincus par les Wisigoths. [77] ALARIC 1er (370-410) : roi des Wisigoths (396-410). Il ravagea les régions balkaniques (Empire romain d'Orient) et envahit l'Italie. Le sac de Rome par ses troupes (410) eut un immense retentissement dans l'Empire romain d'Occident. [78] Ravenne : ville d'Italie (Émilie), chef-lieu de province, près de l'Adriatique ; 135 435 hab. [79] ATTILA (mort en 453) : roi des Huns (434-453). Il ravagea l'Empire d'Orient (441-443) puis envahit la Gaule, mais fut défait aux champs Catalauniques, non loin de Troyes (451), par les armées du Romain Aetius et du Wisigoth Alaric. En 452, il pilla l'Italie mais épargna Rome à la prière du pape Léon 1er. Son empire s'effondra après lui. [80] CLOVIS 1er (465-511) : roi des Francs (481-511). La chronologie de son règne reste très imprécise. Succédant à son père Childéric 1er, vers l'âge de quinze ans, comme roi des Francs Saliens, il étend sa domination sur toute la Gaule du Nord, grâce à la victoire décisive qu'il remporte à Soissons, en 486, contre le Romain Syagrius. Il vainc ensuite les Alamans au cours de batailles (v. 496 ou 506), dont aucune ne se déroula à Tolbiac, contrairement à une opinion répandue. [81] Les Saxons : peuple germanique qui habitait la Frise et les pays de l'embouchure de l'Elbe. Au Ve siècle, les Saxons envahirent le sud de l'actuelle Grande-Bretagne, où ils fondèrent des royaumes. En Germanie, ils s'étendirent jusqu'aux abords de l'Elbe. Charlemagne les soumit (772-804) et leur imposa le christianisme. [82] AETIUS : général romain (? - 454). Maître incontesté de l'Empire romain d'Occident de 434 à 454, il défendit la Gaule contre les Francs et les Burgondes, puis contribua à la défaite d'Attila aux champs Catalauniques en 451. Il fut assassiné par l'empereur d'Orient Valentinien III, qui craignait sa puissance. [83] VALENTINIEN III (419-455) : empereur romain d'Occident (425-455). La Gaule, l'Espagne et l'Afrique lui échappèrent. Il assassina Aetius (454), qui avait longtemps gouverné à sa place, puis fut lui-même assassiné. [84] ODOACRE : roi des Hérules (ancien peuple germanique) (v. 434-493). Il détrôna Romulus Augustule (476), mettant fin à l'Empire romain d'Occident. L'empereur d'Orient Zénon, inquiet de sa puissance, envoya contre lui Théodoric. Assiégé dans Ravenne (490-493), il capitula et fut assassiné. [85] ROMULUS AUGUSTULE (« le petit Auguste ») : Le dernier des empereurs romains d'Occident (475 — 476). Son père, Oreste, le nomma auguste après avoir détrôné Nepos. Il fut déposé et chassé de Ravenne par Odoacre. [86] Les Ostrogoths : ancien peuple germanique constituant l'une des grandes fractions des Goths. Le royaume qu'ils avaient constitué de part et d'autre du Dniepr fut détruit par les Huns vers 375. La mort d'Attila (453) fit renaître leur puissance. Fédérés à Rome, dominant une partie des Balkans, ils pénétrèrent en Italie avec Théodoric en 489. Devenu seul maître de l'Italie, roi en 493, celui-ci s'installa à Ravenne. Après sa mort (526), son royaume ne put résister à la reconquête byzantine et disparut en 555. [87] THÉODORIC le Grand (454-526) : roi des Ostrogoths (493-526). Élevé à Constantinople, imprégné de culture gréco-romaine, il fit renaître quelques années l'Empire d'Occident. L'empereur Zénon l'ayant envoyé reprendre l'Italie à Odoacre (493), Théodoric se rendit maître de la péninsule et des côtes dalmates. Aidé par deux ministres de valeur, Cassiodore et Boèce, il encouragea sans succès la fusion des Romains et des Goths. Il enleva la Provence aux Francs (508-509). Sous son règne, Ravenne fut une brillante capitale. [88] Monophysisme : Doctrine du Ve siècle affirmant l'union du divin et de l'humain dans le Christ en une seule nature. (Condamné par le concile de Chalcédoine en 451, le monophysisme survit dans quelques Églises orientales.) [89] ANASTASE 1er (v. 430-518) : Empereur byzantin (491-518). Il réorganisa les finances et fortifia Constantinople. Son règne fut traversé de révoltes et de guerres civiles. Monophysite, il persécuta les orthodoxes et rompit avec Rome. |